Qu’est-ce que le Féminisme climatique et pourquoi les Femmes autochtones Devraient Diriger les Solutions

Imaginez une promenade dans une forêt de bouleaux en plein embrasement de l’automne, ou une promenade dans une prairie de fleurs sauvages à hauteur de poitrine, ou une randonnée dans une jungle regorgeant de plantes luxuriantes et enchevêtrées. Imaginez la sensation de stress qui fond lorsque vous sentez l’herbe sur vos pieds nus.

La nature est malade. Vraiment malade. Notre environnement est en pleine tourmente.

Les effets des changements climatiques au Canada sont variés : érosion côtière, vagues de chaleur, épisodes de smog, foyers de maladies, ondes de tempête, glissements de terrain, tempêtes de neige, grêle, sécheresse et inondations. Ce que j’appelle des vibrations de Révélations.’

Le Canada demeure l’un des plus grands pollueurs de carbone par habitant au monde, loin d’atteindre les objectifs d’atténuation du changement climatique en vertu de l’Accord de Paris. Un rapport de 2021 de l’Institut canadien pour les choix climatiques a révélé que jusqu’à 800 000 emplois sont menacés si le Canada ne parvient pas à rattraper le reste du monde en passant à une économie mondiale à faibles émissions de carbone.

Une étude récente sur le genre et le changement climatique de l’European Journal of Political Economy a conclu que l’augmentation de la représentation féminine au parlement conduit les pays à adopter des politiques plus strictes et ambitieuses en matière de changement climatique.

Sachant que seulement 27 % des sièges à la Chambre des communes appartiennent à des femmes, que 19,5 % des membres des conseils d’administration des 500 plus grandes entreprises du Canada sont composés de femmes et que seulement 8,5 % des postes les mieux rémunérés des 100 plus grandes entreprises cotées au Canada sont occupés par des femmes, il ne serait pas exagéré de dire qu’une refonte du système pour inclure une plus grande représentation féminine serait un changement radical.

Pour comprendre ce problème en entier, nous décomposons l’écoféminisme, l’environnementalisme intersectionnel et discutons avec Lynne Groulx, PDG de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et membre de la Nation métisse de l’Ontario.Qu’est-ce que le féminisme climatique?
Historiquement, les dialogues autour de la justice climatique ont exclu presque tous les récits des communautés les plus touchées par les problèmes environnementaux. Parce que les inégalités sociales ont l’impact négatif le plus important sur les communautés vulnérables, l’injustice climatique a été particulièrement préjudiciable aux femmes.

Les chiffres de l’ONU indiquent que 80% des personnes déplacées par le changement climatique sont des femmes. On estime que 60 % des personnes souffrant de faim chronique sont des femmes et des filles. En cas de catastrophe naturelle, le risque de décès des femmes et des enfants serait 14 fois plus élevé que celui des hommes. Dans les centres urbains et à l’échelle mondiale, les femmes sont plus susceptibles de souffrir de SSPT, de troubles de santé mentale, de pauvreté et sont généralement plus lentes à se remettre des catastrophes en raison de leur statut socio-économique inférieur. Les structures sociales patriarcales signifient que les femmes portent principalement le fardeau des tâches domestiques, de la garde des enfants et de la discrimination générale (y compris l’objectivation, la sexualisation et l’accès restreint aux ressources et à l’éducation).

L’éco-féminisme est une branche du féminisme qui examine ce lien entre les femmes et la nature. Il combine féminisme et environnementalisme pour tenter de lutter contre l’oppression en tandem avec l’injustice climatique.

L’éco-féminisme est une branche du féminisme qui examine ce lien entre les femmes et la nature.

L’environnementalisme intersectionnel est un concept dérivé du travail de l’organisation lesbienne féministe noire Combahee River Collective, et a été avancé par la professeure de droit noire Kimberlé Crenshaw. Il identifie les façons dont le changement climatique affecte différemment les individus et les groupes en fonction de leur position au sein des structures de pouvoir sociétales, le sexe, l’ethnicité, la race, le statut socio-économique, l’identité sexuelle, l’âge et le lieu étant tous des facteurs déterminants.

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L’environnementalisme à travers une lentille intersectionnelle appelle à la justice pour les personnes ainsi que pour la planète, tandis que l’éco-féminisme exige la justice pour les femmes qui ont été excessivement affectées par le changement climatique.

Lorsque nous superposons ces deux lentilles l’une sur l’autre dans notre vision de ce problème, nous nous concentrons davantage sur une question beaucoup, beaucoup plus profonde: les femmes noires et autochtones ont subi les impacts du changement climatique de manière disproportionnée depuis des générations.Ce que la perspective des femmes autochtones peut offrir aux politiques de protection du climat
Les femmes autochtones au Canada ont été des chefs de file dans la conservation de l’environnement bien avant que l’éco-féminisme ne soit une chose. La tradition autochtone est porteuse d’une conscience inhérente de notre environnement. Vivre en synergie avec la Terre remplace toute ambition de « progrès » (selon la définition occidentale.) Leurs connaissances et leurs expériences uniques dans la lutte contre le changement climatique sont cruciales pour comprendre l’intersectionnalité de la crise climatique mondiale.

J’ai parlé avec Lynne Groulx, chef de la direction de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), pour discuter de l’activisme de première main de l’organisation dans ce domaine, et de la façon dont élever la voix des femmes autochtones aux niveaux décisionnels du Parlement pourrait améliorer radicalement l’approche du Canada face à la crise climatique.

J’ai demandé à Groulx, sans détour, ce qui est différent dans la façon dont les communautés autochtones abordent la crise climatique. Groulx m’a averti qu’elle allait devenir philosophique, alors naturellement mes trous d’oreille se sont élargis de trois tailles. “ Les femmes autochtones sont les protectrices de la Terre. C’est notre devoir ”, répond-elle.

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Elle fait référence à la Nouvelle-Zélande et à la Bolivie, où les peuples ont donné des droits humains aux montagnes et aux rivières. « Nous considérons que la nature a des droits égaux parce que nous vivons de la terre. La terre n’a pas besoin de nous, nous en avons besoin. Cette conscience, cette prise de conscience, cette connexion spirituelle sont très, très profondes chez les peuples autochtones.”

Groulx dit aussi que nos pratiques de mettre les ordures au bon endroit, de réduire l’utilisation de bouteilles en plastique, d’apporter des sacs réutilisables à l’épicerie sont toutes bonnes, mais ce qui manque, c’est une perspective plus philosophique qui est intuitive pour la culture autochtone. ” Si vous deviez le résumer à un mot, c’est le respect « , dit-elle.

Les femmes autochtones sont les protectrices de la Terre. C’est notre devoir.

Elle explique que les femmes sont intrinsèquement des éducatrices sur l’environnement au sein de la communauté autochtone. ” Les femmes autochtones considèrent que cela fait partie de notre rôle « , dit-elle.  » C’est aussi important pour les hommes, mais nous disons tous la Terre « Mère », n’est-ce pas?”

Lorsqu’on lui demande quel impact, selon elle, une plus grande représentation féminine autochtone au Parlement aurait sur les politiques d’atténuation du changement climatique, elle répond: “S’ils amenaient plus de femmes à trouver des solutions, je ne pense pas que nous serions là où nous en sommes. »Elle explique qu’elle croit que l’approche féminine de l’éducation a plus d’impact.

« Les femmes mettent des idées non seulement dans l’esprit des gens, mais dans leur cœur. Intellectuellement, nous pouvons tous absorber la science, mais les femmes ont le don de l’empathie. Je pense qu’avoir plus de femmes au Parlement apporterait plus de gentillesse, plus d’amour, de compréhension, de respect et d’émotion. Les décisions qui sont prises uniquement sur la base de l’intellect et des faits ne seront pas nécessairement la bonne décision. La prise de décision doit être équilibrée entre la tête et le cœur. Nous sommes des êtres humains, nous ne sommes pas des machines. Et la terre n’est pas non plus une machine.”

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Le gouvernement canadien n’appuie pas les efforts de la communauté autochtone pour atténuer les changements climatiques

” Les changements climatiques ne sont pas un projet ponctuel « , affirme M. Groulx. Elle cite que les principaux problèmes rencontrés par les femmes autochtones lorsqu’elles tentent de promouvoir les programmes de protection de l’environnement sont l’insuffisance et l’instabilité du financement gouvernemental. Souvent, le gouvernement canadien financera des solutions de pansements à court terme, qui ne sont pas viables.

Les femmes mettent des idées non seulement dans l’esprit des gens, mais dans leur cœur.

L’instabilité du financement gouvernemental a contrecarré plus que les initiatives d’atténuation du changement climatique. Le financement initial pour enquêter sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a été interrompu prématurément. “ Dès que le rapport du GTMM est sorti et que le gouvernement l’a vu, le financement a pris fin et ils ne l’ont plus jamais financé ”, révèle Groulx.

Il est à noter que les activités du GTMM comprennent l’enquête sur les 751 tombes non marquées trouvées dans l’ancien pensionnat en Saskatchewan plus tôt cette année. « Nous travaillons sur un génocide et nous ne sommes pas financés pour cela.”

Le rôle de Groulx à titre de chef de la direction de l’AFAC comprend souvent des activités de lobbying en faveur de changements de politiques au niveau parlementaire. Étant au courant des conversations globales sur la protection de l’environnement, je lui ai demandé ce qu’elle avait observé. ” Il y a un manque de volonté politique « , dit-elle. Je lui ai demandé qui est responsable du manque de volonté. Elle répond : « Qui détruit? Qui exploite ? Et qui a occupé les postes de pouvoir? » Raconter des questions.

Groulx croit que le manque de représentation féminine signifie que les opinions cruciales ne sont pas prises en compte dans le processus décisionnel du Canada. « Vous n’aurez aucun équilibre dans la prise de décision dans aucune politique. C’est pourquoi nous avons développé une analyse comparative entre les sexes culturellement pertinente parce que nous avons réalisé que si nous n’utilisons pas cet outil systématiquement, vous allez avoir des problèmes dans votre prise de décision parce que vous ne regardez pas l’intersectionnalité.”

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